Emaux d'amour... de Longwy

Publié le par emauxdelongwy

Le reportage de mylorraine.fr à découvrir en vidéo
Reconnues mondialement, les manufactures de Longwy se distinguent par leur technique de « cloisonnement » : le trait noir sur faïence. Si la tradition de Longwy a failli perdre ses lettres de noblesse, c'est grâce à la famille Kostka que la célèbre faïencerie a su se renouveler, proposant à maints designers et artistes la création de collections originales.

Un artisanat unique au monde
La forme des pièces est designée par des stylistes, des sculpteurs voire des artistes. La première forme de l'objet, appelée « biscuit », car mi-cuit – on cuit une première fois les pièces pour leur donner leur forme définitive  – ainsi obtenue servira de base à d'autres artistes chargés du dessin qui parera la pièce. De grands noms ont ainsi imprimé de leur marque les émaux de Longwy tels que Jean Boggio, Alain Thomas, Nicolas de Waël, Evgenia Miro, Catherine Lhoir ou Valérie Brand.
C'est une technique délicate que celle pratiquée par les petites mains de la Faïencerie longovicienne : il s'agit de transférer, à la main, le trait noir posé en sérigraphie sur des feuilles de papier, sur des pièces à géométries variables, puis de remplir avec les émaux colorés au goutte à goutte, sur le biscuit entre les traits.  L'émail séchant presque instantanément, la technique du goutte à goutte s'impose jusqu’au remplissage total de l’alvéole. Les Faïences et Émaux de Longwy utilisent exclusivement leurs propres couleurs créées à partir d’oxydes, dans leur laboratoire spécialisé.
La pièce, une fois émaillée, est cuite une première fois à 750°. Une opération de retouche, la « repasse », a alors lieu pour faire disparaître les trous dus à l’éclatement des bulles d’air lors de cette deuxième cuisson. La pièce est cuite une troisième fois. Enfin, l’or est posé au pinceau avant une dernière cuisson, cette fois à 600°. Les célèbres craquelures sont enfin mises en exergue à l'aide de terre de Sienne. La fabrication de telles pièces peut nécessiter jusqu'à 50 heures de travail entre les mains aguerries des ouvrières...
Une histoire riche en rebondissements
Fondée en 1798, la  faïencerie historique des Faïences et Émaux de Longwy est créée par Charles Régnier. Des pièces classiques comme des services de table sont d'abord produites. La famille Boch (des futurs Villeroy&Boch), faïenciers émérites, rachète la fondation suite au siège de 1815 de Longwy., avant que celle-ci échoit à la famille Huart qui s'y consacrera plus de 150 ans.
Vers 1870, alors que la technique de cloisonnement venue d'extrême orient fait fureur, la faïencerie fait appel à l'italien Amédée de Carenza, connu pour ses bons offices au sein des usines de céramique de l'Empereur du Japon. Spécialiste du cloisonnement, il apporte au savoir-faire longovicien le trait d'émail noir, remplaçant le fil de laiton empêchant la migration des couleurs à la cuisson. Dès cette époque, la Faïencerie recherche de nouveaux décors dans les tendances chinoises, japonaises, iznik, perses ou égyptiennes, ces motifs ayant le vent en poupe auprès du public. De nouveaux motifs viennent ainsi remplacer les traditionnels, mode oblige, dont un semis de fleurs de pommiers blanches et roses sur un fond bleu céruléen, dites "sakura", d’inspiration japonaise.
Une époque faste commence alors pour les Émaux de Longwy, la famille Huart  demande à plusieurs artistes en vogue de dessiner des décors et motifs pour leurs pièces dont Rudhart, Croisy, Carrière, Schuller, Cirode afin de moderniser la production. Dès 1918, le style Art déco offre de nouvelles perspectives à la Faïencerie. De nombreux artistes, de Lévy à Luce, en passant par Olesievicz ou Raymond Chevallier sont sollicités pour créer des formes plus modernes et géométriques.
Le krach de 1929 atteint la France en 1930, l’activité de la Faïencerie est sensiblement réduite,  jusqu'en 1939, où l’activité cesse pour six ans.
En 1945, l’entreprise redémarre avec Maurice-Paul Chevallier à la direction artistique, son arrivée relance la machine quelques glorieuses années. S'ensuivent dans les années 50 l'abandon de la fabrication des services de table et un déclin dans les années 60/70 dû au manque de créativité des successeurs de Chevallier. En 1980, la faïencerie est exsangue : les productions répétitives ont fini par lasser les acheteurs, l'entreprise est sous le coup d'un règlement judiciaire... Dadoun et Treussard, deux industriels parisiens, reprennent l'affaire qui ne fermera entre liquidation et reprise qu'une journée... Pour inventaire !
La production est réorganisée, des pièces Art déco sont ré-éditées, les décors traditionnels sont perpétués mais l'arrivée de Daniel Curetti en 1983 va bientôt tout bouleverser : il amène les grosses boules dites « coloniales » et innove avec ses décors modernes et colorés qui ne tarderont pas à relancer la vapeur.
La manufacture change de mains plusieurs fois avant d'échoir à la famille Kostka qui fait, dès son arrivée, appel aux meilleurs designers, peintres et stylistes du monde entier. Décors, couleurs et formes se renouvellent régulièrement pour le plus grand bonheur du public, à nouveau conquis.
Le site officiel de la Faïencerie historique :
www.emauxdelongwy.com         
www.mylorraine.fr
Parution le 11 février 2012
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